- Mosaïque de bouts de nouvelles - Nouvelles en vrac

Nouvelles en vrac

    Les éditions de Laure Lie

Parce l'âme est une pellicule sensible.
Parce que rien n'est tracé d'avance et que rien n'est plus irréversible que la mort, alors, laissons les mots peindre nos maux, ceux qui sont en dedans enfouis, loin, cachés au plus profond et que l'on n'ose regarder.
Parce que l'on juge toujours trop tôt, toujours trop vite, les petites parcelles du visible suscitant mille et une interprétations.
Parce que la vie n'est ni plus ni moins qu'une histoire de fil et de failles.
Parce que, si l'on écoute mieux, la langue se délie.
Parce si l'on y regarde de plus près, elle nous relie à d'autres histoires, faites de délicates touches de couleurs ou d'impressions tenaces, d'émotions pures, de vibrations et d'espoirs.

dimanche 28 mars 2010

Sève

La paume de sa main flottait au raz des premières feuilles, minuscules, enroulées sur elles-mêmes, maîtrisant de tout son corps accroupi l’équilibre subtil, au faîte d’une digue de terre, petit muret émergé du sol. Ces boursouflures, bourrelets trop clairs et sablonneux, délimitaient les casiers de fertilité, la sève censée les nourrir tous, les pousser dans la vie, toujours un peu plus loin, un à un, du plus jeune au plus ancien...

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samedi 9 janvier 2010

Un homme au bar

L’ambiance est calme. Très. C’est le matin. Dix heures peut-être… A peine plus.

Une femme et un homme sont assis dans le fond de la salle. Elle, sur la banquette de moleskine usée ; lui, juste en face, lui parle et la regarde comme si elle sortait tout droit d’une publicité pour un rouge à lèvre. Très rouge et sensuel.

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samedi 12 décembre 2009

Deux jours

En deux jours, sa vie lui a glissé entre les doigts.

A l’intérieur d’une petite enveloppe de vélin blanc, un message lui est parvenu. Quelques lignes venant d’un autre temps.

Quelques lignes lui demandant si c’était bien elle, celle qu’il avait à peine rencontrée, combien disait-il, quinze ans auparavant ?

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mercredi 5 août 2009

Par un après-midi d'été...

Petite, toute petite, du haut de ses quelques années de vie, Juliette restait là pour la sieste, par les trop chauds après-midi d’été. Comme aujourd’hui elle laissait son corps s’engourdir dans une somnolence de fin des temps, sans vraiment perdre la conscience des choses, de l’espace ou de l’air ambiant, dans la chambre assombrie par le volet à demi-ouvert, à demi-fermé...

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dimanche 21 décembre 2008

Ma colline (4 et fin)

Seul le silence s’est imposé.

Alors, je suis montée, la rage au ventre, prête à retourner ciel et terre pour vous retrouver. Là-bas, l’horizon en apparence soulagé, n’étalait que désolation d’une terre déchiquetée, d’un ciel qui ne retrouverait jamais vraiment ses droits.

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dimanche 14 décembre 2008

Sur les cordes

Peu à peu la place des anciens quais de chargement pour l’Est, de l’embarquement des captifs pour les grandes plaines d’Asie centrale, s’emplit.

Un lieu sans nom officiel, un cul-de-sac à l’écart.

Comme des rats reniflant la même aubaine, filant le bord des rues, des passages et des venelles, le flot des individus gonflait, grouillait, pour devenir masse agglomérée, indifférenciée. Unie comme un seul homme.

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samedi 13 décembre 2008

Menue monnaie (2)

...Il s’avance encore un peu et sans prendre la peine de se baisser, il lance en direction de ma vieille boîte de fer rouillé quelques pièces qui, le temps d’une seconde, reflètent la lueur des enseignes. Je ne sais pourquoi, en un réflexe remontant du fond des âges, je tends mes deux mains afin d’intercepter les petits disques de métal avant qu’ils ne cognent mon escarcelle improvisée et que le choc strident et sec ne brise ma vieille carcasse.

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mercredi 10 décembre 2008

Menue monnaie

Nouvelle éditée par la revue littéraire Ecrits...vains ? en ligne, dans la rubrique Théma

Les larges baies vitrées s’ouvrent et se ferment frénétiquement au rythme du passage des chalands, laissant échapper un souffle chaud qui lèche ma peau par intermittence, réchauffant mes os prêts à se fendre.

Des hommes, des femmes, des femmes et des hommes encore,...

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jeudi 4 décembre 2008

Mei Ting

Je te regarde. Tu es là, nue, allongée sur le sofa.

Le bout de mes doigts parcourt les courbes de ton corps. Gracieuses. Magnifiques. Parfaites.

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mercredi 20 août 2008

Ma colline (3)

Un matin d’été, là-haut, derrière cette colline, le ciel s’est enflammé différemment, d’un feu jaune presque verdâtre, comme sali par la cendre. Je n’ai pas compris tout de suite. Adrien, lui, savait.

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mardi 29 juillet 2008

Ma colline (2)

...Là-haut, sur les hauteurs, plus près du ciel, à portée des étoiles, j’ai aimé.

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mercredi 9 juillet 2008

Ma colline

Là-haut, il y a la colline.

Là-haut se trouvent mes plus belles années, au milieu des herbes folles. Au milieu d’elles, j’ai grandi.

Mon impatience, ma soif de voir et de savoir, m’ont menées très tôt là-haut, lorsque j’étais encore une petite fille. Qu’y avait-il au-dessus, derrière la colline ?

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