« Sandro » répond-elle d’une voix blanche, un peu hésitante, incertaine de la réaction.

Anne sourit.

« Enfin tu l’as trouvé ton bel Italien, je commençais à désespérer ! Je suis sûre que tu l’as rencontré un jour aux pieds des Dolomites, chez tes lointains cousins… »

Elles ont suffisamment plaisanté sur L’Italien que Marine rêvait de croiser autrefois, lors de ses quelques séjours là-bas, dans la famille, et à chaque fois qu’elle rentrait bredouille ! Il y a longtemps. C’était l’époque des tantes d’Antoine, l’époque d’Antoine et Adèle. Aujourd’hui, s’il reste certainement quelque lien de sang encore vivant dans la petite bourgade du Frioul, coincée entre mer et montagne, ses parents ne sont plus.

Marine scrute le visage d’Anne, mais celui-ci ne se marque d’aucune tension. Bien au contraire, l’anecdote du Bel Italien le pare d’un air mutin.

De toute évidence, ainsi escamoté, le prénom n’a plus rien d’étonnant. De détonant.

Extrait de roman de Laure Lie, 2007. A suivre selon les humeurs et les périples de l'auteur... et en accès libre et en totalité sur le site des Editions Léo Scheer, rubrique M@nuscrits {Beta}